Les transports en commun à l’époque du numérique

Les transports en commun à l’époque du numérique

arret-bus-numerique-ecran-tactile La révolution numérique, qui s’est fondue avec succès au sein de la mobilité privée, via les solutions, entre autres, de cartographie routière ou de covoiturage, se montre plus discrète en ce qui concerne les transports en commun. Pourtant, la mobilité publique est secouée par une évolution numérique qui ne ressemble peut-être pas encore à une révolution, mais qui est bel et bien lancée, notamment à travers l’utilisation d’applications dédiées aux itinéraires et aux horaires. Revue de détail.

Métro, c’est trop

Il est peu dire que le numérique, depuis qu’il s’est insinué dans la mobilité, a su se rendre tout à fait indispensable. Qui n’a jamais tracé son itinéraire routier sur une carte en ligne, cherché une station service ou une borne de recharge via une application mobile, ou trouvé un camarade de covoiturage sur Internet pour éviter de casser sa tirelire à cause des coûts des carburants ?

Et ce n’est encore que la première étape. La mobilité privée promet de faire un bon en avant lorsque les voitures autonomes (type Google Car) permettront de se déplacer sans même avoir besoin de toucher le volant, simplement en programmant son parcours sur un GPS et en laissant son véhicule faire le boulot.

Les transports individuels collaboratifs, en particulier (covoiturage, location de véhicules particuliers, taxis collectifs), ont beaucoup gagné avec la révolution numérique. Pouvoir trouver un vélo libre service d’un simple geste du pouce sur son smartphone est devenu un luxe dont peu d’habitants des grandes villes françaises seraient prêts à s’en passer.

Le numérique et les transports en commun

Les transports en commun ne sont pas en reste, même si le développement numérique y est sans doute moins évident – il sera toujours impossible, par exemple, de « commander » un métro personnalisé. Cependant, la mobilité numérique porte l’espoir d’offres de services publics qui s’adaptent aux besoins individuels plutôt que l’inverse, et qui tendent à réduire les inégalités territoriales.

C’est déjà le cas aujourd’hui : de nombreux sites et applications permettent d’acheter ses billets en ligne, de tracer ses itinéraires en bus ou en train, et de vérifier les horaires des transports en commun avant de partir ou même en cours de route.

Au fil du temps, la sphère des transports collectifs a su s’adapter aux avancées technologiques. C’est ainsi que nous sommes passés de l’humanisation à l’automatisation (les guichetiers ont été remplacés progressivement par des machines), puis de l’automatisation à la dématérialisation : centres d’appels et sites web, applications sur smartphones et tablettes…

Malgré ce changement radical dans les rapports entre le voyageur et le prestataire, les services ont, en réalité, peu changé. La machine a gommé le guichetier, mais son objet reste identique : vendre un ticket. L’ordinateur et les applications smartphones ont enterré le centre d’appel, mais l’utilisateur continue de consulter l’horaire de son train ou le terminal de départ de son avion.

Les 4 points d’ancrages du numérique

Qu’est-ce que l’évolution numérique peut donc changer – radicalement changer – à la façon qu’ont les usagers de voyager en transports en commun ? Pour répondre à cette question, revenons-en aux 4 activités-clés du transport collectif, qui sont également les 4 points d’ancrage du numérique dans ce domaine :

  • L’information. Le voyageur souhaite vérifier les horaires des bus, métros et trains, ainsi que les différentes lignes, les parcours, les temps de trajet, etc. Bref, il veut connaître à l’avance les détails de son déplacement. Nombreuses sont les applications sur les transports en commun qui proposent déjà ce genre de services, mises en place par les réseaux municipaux ou régionaux (TLC à Lyon, RTM à Marseille, PACA Mobilité en région PACA…).
  • La distribution. Le voyageur peut acheter son billet en ligne et l’imprimer ; choisir la nature de son wagon pour un confort optimal (1ère ou 2e classe, wagon Zen ou Zap dans les TGV, etc.) ; et même payer plus facilement, par exemple via Paypal.
  • Le déplacement. Le voyageur peut planifier son itinéraire d’adresse à adresse, dans n’importe quelle ville et n’importe quel pays du monde. Il peut ensuite, en cours de route, vérifier l’état du trafic et modifier son itinéraire au gré des perturbations.
  • La relation-client. Au terme de son trajet, le voyageur peut dialoguer par e-mail avec les représentants du prestataire, par exemple pour se plaindre, voire le faire directement sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter). Désormais, les voyageurs sont même invités à noter le service et à partager leur avis.

Ce que le numérique modifie dans les transports en commun

La nouveauté réside dans ces deux derniers points d’ancrage : les solutions numériques ne veulent pas simplement aider le voyageur en amont de son trajet, et répondre à ses plaintes ou demandes en aval. Elles tendent également à l’accompagner tout au long de son déplacement, et à lui permettre de partager son expérience, et sa satisfaction (ou pas), avec d’autres utilisateurs.

  • Au cours du déplacement : l’utilisateur a désormais accès, via des applications, à des informations en temps réel sur l’état du trafic (à la façon des GPS pour les voitures) et les horaires. Il est ainsi possible de vérifier minute par minute l’horaire du prochain métro, ce qui peut déterminer une attitude – s’il faut courir pour l’attraper ou se contenter de marcher tranquillement ! Il existe même une application dédiée au métro parisien qui permet de savoir où se placer au mieux dans la rame par rapport à la disposition des sorties dans sa station d’arrivée…
  • Au cours du trajet et après le trajet : l’utilisateur est invité à communiquer avec ses compatriotes et à partager ses informations sur l’état du trafic et les meilleures combinaisons possibles pour arriver à telle destination, en prenant en compte les difficultés ponctuelles. Des applications vous transforment ainsi en lanceur d’alerte à destination des autres usagers.

Quant à l’avenir, il se dissimule à l’intérieur de nos smartphones : un jour, ils remplaceront définitivement les cartes de transports en commun et serviront à monter dans n’importe quel bus, métro, train ou même avion sans avoir besoin de contracter plusieurs abonnements différents ou de payer chaque billet… Mais ça, c’est une autre histoire.

 

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